Contrebassiste afro
Photo : Alain Pelletier

Le jazz afro-péruvien : résistances culturelles et identité

Mardi 28 mai à 18h30 à l’Halle des Chartrons. Dans le cadre de la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes.

Cette conférence veut, dans un premier temps, expliquer l’évolution historique du jazz afro-péruvien et ses relations avec les mouvements sociaux péruviens et internationaux (mouvement des droits des noirs aux USA, le mouvement culturel noir brésilien, etc.). Dans la deuxième partie de la conférence nous expliquerons les spécificités rythmiques de la musique afro péruvienne et comment elle s’est fusionnée avec le jazz, avec l’aide des un musiciens invités.

Le jazz afro-péruvien

Le Pérou est bien connu pour sa culture ancestrale (avec le Machu Picchu) et dernièrement pour sa cuisine avec la popularisation du ceviche. Mais peu de personnes savent qu’au Pérou il existe une riche et importante culture afro-péruvienne.

En effet, Lima, la capitale du Pérou, fut la ville la plus importante d’Amérique du Sud pendant une grande partie de l’époque coloniale (entre 1532 et 1821), et un important centre de commerce d’esclaves avec une population noire très présente sur la côte péruvienne. Néanmoins, cette culture est restée cachée d’une part à cause du racisme qui a essayé de la faire disparaitre, et d’autre part par un métissage important entre les différentes cultures. Ce métissage est aujourd’hui la base de la culture péruvienne, mais il a contribué à invisibiliser les apports des populations minoritaires (comme la population noire).

C’est dans les années 1960, grâce à l’intervention d’un personnage majeur de la culture péruvienne appelé Nicómedes Santa Cruz, qu’un mouvement de revalorisation de cette culture va naître, et notamment à travers la musique afro-péruvienne. A partir de ce moment-là, et grâce à la découverte de cette richesse culturelle par la population diverse et les musiciens, plusieurs mélanges rythmiques se sont développés. Probablement la plus aboutie de tous ces mélanges ou fusions est le « jazz afro-péruvien », musique qui mélange la richesse rythmique de la musique noire péruvienne et la richesse harmonique du jazz. Dès les années 1980 jusqu’à nos jours cette musique s’est transformée, enrichie et popularisée grâce au travail de plusieurs musiciens péruviens (Richie Zellon, Gabriel Alegria, entre autres) et des musiciens étrangers comme Maria Schneider et Paquito d’Rivera qui ont enregistré des morceaux de jazz afro-péruvien. Cette musique est aussi devenue un élément de fierté et d’identité pour une partie de la population dans un pays qui est toujours en quête de modèles.

Les participants :

Carlos Olivera est un professionnel péruvien de la culture avec un master en Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels à l’université de Bordeaux Montaigne. Spécialiste de l’industrie musicale péruvienne, il a participé au Pérou à un travail de mise en réseau des différents acteurs culturels dans le but de promouvoir la diffusion des musiques afro-péruviennes avec la Commission Nationale de l’UNESCO et le Ministère de la Culture du Pérou, et il était aussi producteur général du Festival de Jazz Lima en 2014 et 2015.

Rodrigo Almonte est un guitariste et compositeur péruvien basé à Dublin. Il a beaucoup joué sur la scène jazz péruvienne et européenne comme sideman et avec ses propres projets musicaux. Ses mélodies lyriques et ses rythmes complexes et équilibrés sont également présents dans ses solos et dans ses compositions. Avec ses influences de jazz sud-américaines et contemporaines, Almonte crée une manière unique de comprendre et d’écouter de la musique.

Il a étudié au Conservatoire Souza Lima à Sao Paulo, au Brésil. Parallèlement, il a étudié la composition à l’EMESP de Sao Paulo. En 2015, il est retourné au Pérou pour étudier les bases des rythmes Afro-péruviens et andins avec des maîtres comme Andres Prado et Hugo Alcazar.

En 2016 Almonte a reçu une bourse pour terminer ses études au prestigieux Newpark Music Center à Dublin, en Irlande.

Carlos Betancourt est un bassiste et Contrebassiste péruvien avec 10 ans d’expérience dans le jazz et les musiques actuelles. Diplômé du Conservatoire Nacional (Lima – Perou) et du SADEM (Union de Musiciens Argentins) il a fait partie du groupe « La Ceiba » (Cumbia, Currulao et Musiques du Pacific Colombien), Triple Juice (Modern Jazz) et « Lengua Nativa » (Fusion Afro Péruvienne).

Cote Calmet est un batteur et percussionniste péruvien diplômé du Conservatoire Musica Souza Lima & Berklee de Sao Paulo, Brésil, et d’un master en « Music Performance » au Dublin Institute of Technology, en Irlande. Il a enregistré une dizaine d’albums au Pérou et en Irlande, et il a été enseignant du programme de jazz « The Jazz Lab » à Dublin.